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Expédition "Gurla Mandata", Avril 2005

Le journal de l'éxpé
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Rédigé au retour en Juin 2005


Sa majesté le Gurla Mandata

6 copains 1 même clocher, une association « Vercors expéditions » et c’est tout un village qui se lance à l’assaut du mystérieux Gurla Mandata.
Sommet tibétain à la croisée des frontières du Népal et de l’Inde le « Gurla » est 1 sommet confiné, isolé et peu « visité ». C’est tout cela à la fois qui nous a attiré, nous 6 vertaco passionnés de montagnes, en quête d’une aventure authentique.
Montagne et pédagogie seront les maîtres mots de cette expédition qui à permis à plus de 300 écoliers du canton du Vercors motivés, remplis d’espoirs, de craintes, et de rêves de suivre « encordés » par la magie du net, cette aventure comme un grand livre (électronique) ouvert sur un autre monde.

Camp 2. 6800m 21 Avril 15h.
Le vent violent fouette la toile de tente de ses rafales brutales et saccadées dans ce cafarnaum sourd et aliénant, semble s’échapper des sifflements mélodieux presque imperceptible, imitant maladroitement un air de musique…
Intrigué par ses sons quasi-humains, Tom, qui resté au camp 2 en soutien de Jérémie partis le matin en solo vers le sommet, s’extrait dans un effort coûteux de sa léthargie hypoxique et tente péniblement de sortir sa tête migraineuse au dehors. La silhouette qu’il devine à peine par ses yeux rougis n’est pas un des ses délires hallucinatoire, pourtant légion à cette altitude.
« Jérèm » la démarche titubante le regard hagard, sans doute victime de l’ivresse des cimes se traîne tel un pantin et s’affale sous la tente sans même prendre le temps d’ôter ses crampons. Cette scène de grande lassitude rassure cependant Tom inquiet de ce trop long silence, mais ne peut à cet instant se retenir de lui poser la question cruciale.
-« Alors tu l’as fait ? » …

Dimanche 27 Mars
C’est dimanche de pâques, les « cloches » s’envolent pour le « Gurla » ! Les cloches se sont Thomas Repellin (Webmaster à l’AEPI*), Rudy Gouy (militaire à l’école militaire de haute montagne de Chamonix), Jean François Bérard (cordiste*), Jérémie (infographiste) et Johan Perrier (pisteur secouriste/cordiste), Nicolas Termier (militaire au 13ième Régiment du Génie de Valdahon)…et Nounours (mascotte) ! Tous montagnard amateurs, passionnés de montagnes et issus du même village, Autrans dans le Vercors.
Le « Gurla » ou naimona’nyi (son nom tibétain), c’est le dernier sommet de plus de 7000m gravit (1985 par une lourde expédition sino-japonaise)
Haut de 7760m, isolé plein ouest, dans la chaîne himalayenne, prés de la frontière du Népal et de l’Inde il fait face à la montagne la plus sacrée du pays, le Mt Kailas (6800m) véritable demeure des dieux dans le royaume difficilement accessible de Gugé.
A ses pieds 2 lacs sacrés le Manasarovar (Mapham Tso) et le Rakiastal (lagaanTso) aux vertus médicinales dans lesquels prennent leur source les principaux fleuves d’asie centrale : l’Indus, le Gange, le brahmapoutre.

29 Mars
Panne d’électricité générale, la ville de Katmandou est plongée dans le noir total et les trombes d’eau qui s’abattent rageusement sur nos têtes ce soir, ajoute à cette cité « bordélique » et animé par nature, une ambiance fin du monde à la fois impressionnante et comique.
Prise de contact avec notre agence, tractations commerciales, visite de temple, dégustation locale ponctuent notre court séjour dans la capital du Népal

31 Mars
6h nous quittons « sain est sauf » Katmandou et le Népal échappant au trafic routier digne d’un sport d’esquive. 5 semaines loin de la verdure colorée, des odeurs d’encens et des bons restaus nous nous enfonçons peu à peu à bord de nos véhicules tout terrain au cœur de ce Tibet mystérieux reculé, délaissé par le progrès et l’hygiène. Nyalam nous héberge l’espace d’une « nuit blanche », cette petite bourgade haut perché (4000m) borde une route chaotique et menaçante creusée dans la roche pareille aux routes taillées dans le calcaire des gorges de la Bourne de notre Vercors natal. Nos organismes souffrent déjà du manque d’air.
Le lendemain passage à 5130m sous l’arche ornée et colorée, symbolisant l’entrée sur les hauts plateaux du Tibet, nous faisons face au shishapangma 8063m, instant magique et pause photos !
Dés lors débute un long périple sur les chemins poussiéreux et tape cul des hauts plateaux tibétains nous ne redescendrons pas en dessous des 4600m d’altitude pour les 3 semaines à venir nous prenons soin de notre caisson hyperbare fournit par l’agence et qui constitue une sorte d’assurance vie tout accident en ses lieux reculé serait catastrophique.
La boite à pharmacie tourne à plein régime et circulent dans le groupe, les cachets de doliprane sont gobés comme des cacahuètes, gorges in flammées migraines, insomnie, diarrhée, nausée, gastro tout y passe !
Entre 2 migraines nous réussissons aux yeux et à la barbe de notre officier de liaison à envoyer par satellite les premières photos de notre périple ainsi clichés de la faune locale, des paysages sauvages, des portraits tibétains viennent enrichir le site Internet que Tom leur à construit. Les premiers retours d’impressions sont super les écoliers se prennent au jeu, cette parenthèse internet nous excite comme des gosses, c’est un petit moment de récréation agréable que nous nous offrons dans cet univers monotone et sauvage « bercés » par les maux de têtes lancinant.

3 jours plus tard Darchen nous apparaît au bout de cette « route » chaotique, nous sommes cassé mais heureux de nous retrouver enfin face à sa majesté le Gurla coiffé de lambeaux nuageux.
Au pied du mont Kailash (6800m) nous décidons de nous dérouiller les muscles meurtris par la route en effectuant un trek autour de cette montagne considérée comme la plus sacré du pays et qui ne sera jamais gravit.
Appelée aussi Tise et Kang Rimpoche cette montagne est une sorte de centre du monde interdite et réservée au seul pèlerinage. De nombreux pèlerins venant des 4 coins de ce grand pays (5 fois la France !) accomplissent la Kora qui est une randonnée de 53km ponctué de nombreuses prosternations avec un col à 5600m. Faire 13 fois le tour de cette montagne permet d’obtenir un excellent karma !
3 jours plus tard nous voilà installés au camp de base parking, ou nous essuierons 4 jours durant une tempête violente, calfeutrés sous nos frèles toiles des tentes lacérées de toutes parts sous les assauts du vent. Faire le dos rond, tuer le temps, bref rongé son frein, le gurla semble mettre nos nerfs à rude épreuves.

7 Avril.
Les yacks arrivent enfin et la tempête n’est plus. La procession d’hommes mal rasés et de bêtes à cornes aux longs poils peut enfin se mettre en marche, notre prochaine destination, le vrai camp de base à 5600m.
6h plus tard nous découvrons un superbe glacier sculptural d’ou surgissent de magnifiques pénitents de glace vive, le camp de base installé sur d’anciens emplacement devient au fil des jours un véritable havre de paix. L’étroitesse de la vallée ne gêne pas nos communications Internet, nous pouvons alors continuer d’alimenter le site des écoliers en anecdotes et histoires vécues et enfin lire nos « mèl » personnel, moment intimes trop rapide. Malgré les chocs dus aux transports rugueux nos panneaux solaires tournent à plein pot merci à la société « 1000 et une pile » et à IEC communication grâce à qui nous pouvons nous évader l’espace d’un mail. Nous prenons réellement conscience de notre chance d’être là, seuls au monde, heureux du spectacle qui nous entoure et la motivation reprend du poil de yack au fur et à mesure que la santé s’améliore bien que quelques résidus migraineux nichés au fond de l’encéphale persiste.
Nous décorons la tente mess « recousus » des dessins colorés fait par nos petits écoliers sous les yeux de nounours la mascotte qui ne nous quitte pas et commençons à échafauder divers plans d’ascension.
Tzintzing notre cuistot népalais au sourire et à la bonne humeur constamment accrochés au visage, partage ce quotidien et alimente nos estomacs en délicieux pancake, omelette et autre Dalbat (soupe de lentille et riz) et rameute son petit monde en nous criant de « soupe ready ! » depuis sa cuisine de fortune
Peu à peu les navettes s’organisent selon la forme de chacun et les camps 1 à 6400m et 2 à 6800m sont peu à peu installés nous permettant de peaufiner notre acclimatation. Le meilleur chemin pour accéder aux camps 1 passe par une étroite langue de neige dure coincée entre éboulis menaçant et glace vive, s’ensuit un couloir raide de 60° d’inclinaison qui finit de nous éprouver, il nous faut 3 h pour faire 800m de dénivelé nous ne sommes pas habitué à tant de lenteur, quelle frustration pour des sportifs avertit!!
L’accès au camp 2 nécessite vigilance et encordement car les crevasses et d’immenses séracs menacent l’itinéraire. Equipés de bambous surmontés d’un drapeau rouges nous localisons les passages délicats. La glace sous nos crampons d’aciers est d’une pureté et d’une densité peu commune.
Nous décidons de tenter le sommet pour le 20, la météo semble propice, c’est donc le 19 au matin que groupé nous quittons Tzingtzing.
Après une pause casse croûte « lyophilisé » et un semblant de sieste au camp 1 Rudy Thomas et Nicolas enchaînent sur le camp 2 laissant Jérémie et Johan en bivouac au camp 1 (Jeff ayant malheureusement renoncé définitivement cause à des tympans capricieux).
Nous nous fixons fixé rendez vous le lendemain à 8h au camp 2 pour une tentative groupée. La traversée de ses grandes combes de neige et de glace zigzagant entre les pièges est ponctuée de nombreux arrêts, à cette altitude la gravité nous pèse fortement et l’impression de peser 200 kilos nous accablent d’autant plus, l’essoufflement est très marqués je prends mon pouls 180 battements/mn le cœur ne chôme pas !!

20 avril 8h
2 cordées s’élancent péniblement à l’assaut du « géant ». 7000m 11h pique nique improvisé face aux 2 lacs sacrés encore gelé. Chaque pause s’avère terrible pour l’organisme mais l’envie de se coucher dans la neige est la plus forte. Le moral fluctue entre le mal et le bien il faut alors se recentrer sur soi pour trouver la force de continuer de ne pas céder au découragement, quelle pesanteur ! Johan décide de rebrousser chemin nous faisons alors 2 cordées de 2 et nous remettons en marche.
7100m la couche de neige est plus profonde et nous oblige à une débauche d’effort plus grande, 7200m la « tête dans le guidon » seul nos souffles court emplissent l’espace, la soif nous gagne, 7300m le ciel s’obscurcit le moral est lui aussi en berne. Tom et Nico décident de voir plus haut par curiosité plus que par courage quand d’un coup une crevasse béante de 10m de large s’ouvre sous les pieds de Thomas à peine surpris par l’évènement comme shooté. Un bruit sourd se fait alors entendre dans le ciel, la messe est dite nous n’irons pas plus loin aujourd’hui. Et pourtant cette longue arrête sommitale qui s’étend devant nos yeux proche et loin à la fois qui nous nargue.
La descente ressemble plus à une fuite en avant pour moi et Rudy, nous avons laissé trop de force aujourd’hui, l’urgence maintenant est de rejoindre le camp de base au plus vite, nous sommes écœurés, las, dépités le sommet devient pour nous une hantise à fuir coûte que coûte.
Plus patient Jérémie et Thomas passent la nuit au camp 1 pour une seconde tentative.

Camp 2. 21 Avril 15h 6800m
« Alors ce sommet tu l’as fait ? » Demande Thomas
« Oui, enfin presque ! » répond il d’une voix monocorde.

Si 30m ont manqués à Jérémie pour poser le pied sur la tête de notre « Gurla » c’est beaucoup et peu en même temps mais c’est suffisant pour que l’on retrouve notre pote vivant au camp de base autour d’une bonne bouteille de cabernet sauvignon. Un grand merci aux écoliers du Vercors avec qui nous avons partagé de bons moments à des milliers de kilomètres et qui nous ont fêtés comme des rois à notre retour au pays.

Nicolas Termier
et l’équipe de Vercors expédition

Johan, Jérémie, jean François, Rudy, Thomas et Nicolas

Pour vous faire une idée du projet pédagogique et de l’aventure en image, rendez vous sur le site www.vercors-expe.com/ecoles/

Accés
Par Katmandou vol entre 720 et 850 euros selon les compagnies.
Ensuite deux possibilités depuis Katmandou : soit un vol sur Lhassa ou un accès voiture par la route de l'amitié qui prends entre 4 et 5 jours sans effort et selon les étapes.
Nous conseillons les étapes suivantes Zangmu, Nyalam, Saga, Paryang, Darchen (avec trek autour du mont kailas), et pour finir Chuqamba et camp de base parking
Papiers
Visa népalais (il faudra un 2 ième visa pour le retour en quittant le Tibet).
Prévoir des photos d'identité en suplément et environ 20 dollars pour chaque visa. Le visa chinois est pris par l'agence de trekking de katmandou ; pour une expédition c'est un visa collectif (compter 50 dollars par personnes) et des photocopies de passeport. N'oubliez pas de garder des roupies pour des taxes d'aéroports à chaque vol.
Le permis d'ascension pour le « Gurla » coûte env. 3000euros.
Periode
Entre mi avril et fin mai (prévoir le sommet à partir de la mi mai)
Itinéraire
La voie normale du Gurla se déroule sur le chamlung Mlungba Glacier. Camp 1 à 6400 et camp 2 à 6800m, un camp 3 peut s'avérer utile dans la combe sommitale à 7100 sous l'arête ouest. Itinéraire évident et peu dangereux.
Une difficulté cependant : L'accés à l'arête ouest, qui nécessite une cinquantaine de corde fixe (pente raide avec des cailloux fichés dans la glace). Prévoir des fanions de bambous (cueillis au Népal) pour matérialiser la trace et signaler les crevasses très nombreuses entre le camp 1 et le sommet.

 

 

Materiel
- Crampons (des vrais !) et un marteau piolet, pelles à neige, corde dynamique et statiques, broches à glace, pieux à neige, quelques pitons, poignées autobloquantes et descendeurs, un caisson hyperbare conseillé soit votre agence vous en fournit un (vérifier l'état) soit contacter la société Certec depuis la France au 04 74 70 39 82. Tout secours au Gurla s'avère problématique voir impossible de par son éloignement.
- Pharmacie complète obligatoire avec des antalgiques majeures, doliprane (paracétamol) en quantité et non de l'aspirine.
Acides aminés en gélule, conseillée pour limiter l'atrophie musculaire (perte de protéines musculaire).
- 1 liaison satellite IEC communication 01 40 17 08 03
- Panneaux solaires (1000 et une piles à St Egrève) 04 76 75 99 99 utile et écologique pour recharger les piles et autres batteries.
Equipement conseillé
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Masque à poussière
- Pantalon et veste de duvet acheté à Katmandou (80 à 100 euros l'ensemble env.) qui se revend facilement au retour + moufles et pantoufle de duvet
- Duvet résistant exemple Lestra
- Chaussures techniques de haute altitude cramponnable les Crispi sont incontournable et efficace + chaussure de trek - 04 76 56 86 33
- Produit et crèmes de soin stick à lèvres et crèmes solaire soleil noir
- Des sous vêtements techniques nous avons été chaudement habillés par les produits techniques de la marque Quechua
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Brûleur multi-carburant de type primus idéal pour l'altitude et gourde isotherme 0,7 l
Contact
Pour notre première expé nous avons été très bien pris en charge par la compétente agence Kumbil-ila de Zimba Zangbu Sherpa (son responsable parle couramment le Français)
E-mail khumbila@mail.com.np


Sous l'impulsion de Michel Valla directeur des écoles maternelles d'Autrans, notre expédition gurla mandata, exclusivement composé d'anciens pensionnaire des écoles de ce même village, à pu tout au long des 6 semaines passée au Tibet communiquer régulièrement avec les écoliers via une connexion internet alimentée par des panneaux solaires.
C'est depuis le camp de base que nous avons pris le temps d'enrichir à distance un site internet, construit par Thomas Repellin membre de l'expé, complètement dédié aux scolaires des écoles de Villard de Lans, Saint Nizier, Engins et Autrans (de la maternelle aux CE2) .
Chaque écoliers à ainsi pus se plonger dans ce pays presque en simultanée au grés des nombreuses photos prises sur le trajet suivant ainsi les péripéties de leur mascotte nounours véritable fil conducteur du projet scolaire.

De retour au pays nous avons pus mesurer à quelle point cette expédition à tenue en haleine ce jeune et enthousiaste public riches de questions et demande rigolotes.

"Vous qui allez monter haut dans le ciel pouvez vous me ramener un nuage dans une bouteille en plastique?" Martin 6 ans.
Réponse: faut déjà qu'on arrive au sommet!

"Si vous voulez mon papy a des poules chez lui je peux vous donner des plumes pour fabriquer vos doudounes"! julie 4 ans
réponse: On est pas trés fort en couture on va en acheter déjà toute prêtes
mais merçi quand même!

Et la meilleure pour la fin : "Ca sert à rien de monter et puis de redescendre!!!" clément 8 ans
Réponse: pas de réponse !

Consultez également les nouvelles diffusées pendant l'expé. :
Nouvelle N° 3 - Le 6 mai 2005
Nouvelle N° 2 - Le 7 avril 2005
Nouvelle N°1 - Le 22 mars 2005

Pour tout savoir sur le montage de ce projet, cliquez ici
Vous pouvez voir ici le programme "prévu" de notre voyage

tee shirt Vercors expedition
Route Katmandou - Gurla
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